28 août 2009
Miguel
Je me souviens de son calme et de sa gentillesse tranquille et de la fois où il avait absolument tenu a me montrer une danse folklorique espagnole. Il avait eu une crampe entre deux pas de danse avec sa femme. Nous avions eu un énorme fou rire. Tous. Il est mort et laisse derrière lui son épouse et deux petits enfants. Un abrazo muy fuerte Miguel.
15 mars 2009
Ma préférée
Les petits enfants qui tombent du balcon.
Toute leur enfance défile dans leurs yeux.
Elle est courte et ils s'ennuient même un peu.
Alors ils regardent ce qui se passe autour d'eux.
Ils s'échappent et volent devant les fenêtres.
Ils disent bonjour à tous les locataires.
On les invite à venir prendre un verre.
Ils disent d'accord.
Mais ils ne restent qu'un instant ...
31 août 2008
Encore
Au sortir de la guerre, lorsque l'on avait des enfants, dans les familles modestes on faisait des choix... Or mes grands-parents avaient quatre enfants : deux filles et deux garçons. Les filles n'entrant pas en ligne de compte à l'époque, mon grand-père s'intéressa plus particulièrement au cas de ses fils car le moment était venu de faire Le choix qui déciderait de l'avenir de chacun. Lequel des deux irait au collège?
Mon oncle Francis n'avait qu'une seule idée en tête : être poissonnier, comme son papa. Malheureusement pour lui, ses résultats scolaires étant bien meilleurs que ceux de son frère, Lionel, c'est lui qui partit étudier à la ville... Pour la petite histoire, on retiendra que ça ne servit à rien et que mon oncle finit par réaliser son rêve quelques années plus tard! Lionel quant à lui resta dans sa campagne et fit un apprentissage de boucher-charcutier. Il aurait pu rester sur place et ouvrir un petit magasin et pourtant; rien ne le prédestinait à prendre un jour cette photo...
Mon oncle a eu une vie riche en émotions. Il a vécu des expériences extraordinaires. Ne retenons que cette fameuse photo et sa dédicace. Les îles du Crozet au large des Kerguelen. Il participa à plusieurs expéditions dans les Terres australes en tant que cuisinier. Je me souviens de toutes les anecdotes qu'il glissait ça et là au cours des repas en famille. Du four qu'il avait construit pour fumer les saumons. De la fois où il aida le médecin à opérer l'un des leurs car c'était le seul à supporter la vue du sang. Et de tant d'autres souvenirs encore que je ne saurais raconter et qui se sont éteint avec lui. De ma gand-mère qui a perdu son deuxième enfant en l'espace de quelques semaines. De ma mère qui n'a plus ses frères. De mon grand-père qui n'est pas là pour voir tout ça. D'une belle famille qui passe de 6 membres à 3. De ma grand-mère, à nouveau, qui ne s'en remettra pas.
16 mai 2008
A ne pas oublier
C'est fou comme la mémoire peut jouer des tours parfois... J'écris systématiquement tous mes rendez-vous et autres réunions importantes sur un petit cahier pense-bête de peur de les oublier. Pire encore, je peux poser trois fois la même question à quelqu'un et oublier la réponse aussi sec. J'ai une mémoire très sélective, qui fait le trie toute seule et dont la logique me laisse souvent dubitative. Y-a-t'il une petite secrétaire là-haut qui classe à sa manière mes souvenirs et qui laisse un post-it sur son bureau pour la femme de ménage précisant "merci de ne pas toucher"? Quand j'y réfléchit deux secondes, ça me fait penser à ce tableau de Dali représentant une femme dont le ventre est un alignement de tiroirs ouverts... Ma mémoire me trahit souvent et parfois, au contraire, elle garde précieusement des souvenirs qui me semble anodins : c'est sûrement un coup de la petite secrétaire qui garde de vieux dossiers sous le coude en se disant que ça pourra toujours servir! Du coup, j'ai des souvenirs absolument intactes de scènes de ma petite enfance...
Je me souviens d'un soir où ma mère était venue me chercher à la garderie alors que j'allais encore à l'école maternelle. J'étais en train de me dire qu'il fallait que je fasse la différence entre le bleu et le vert que je confondais tout le temps (après on me dira que les enfants ne sont pas stressés!), lorsque nous avons vu sur le trottoir une toute petite dame tenant en laisse un énorme chien. Le chien en question avait certainement dut faire une grosse bêtise car sa minuscule maîtresse le grondait sévèrement. Et nous avions eu un énorme fou-rire avec ma mère en voyant l'air misérable du chien qui semblait tout penaud devant sa lilliputienne de maîtresse qu'il aurait pu avaler sans problème!
Je me rappelle également avec une étonnante précision de mes vacances chez mes grands-parents. De la fois où me balançant un peu trop fort, j'avais renversé le fauteuil à bascule en faisant un magnifique vol plané! Et des visites journalières de mon oncle qui passait en rentrant du travail pour boire un verre avec ses parents. Une fois, il m'avait rapporté un plein sac de bonbons qu'une représentante lui avait laissé en cadeau. Un sac entier de délicieux chocolats que ma grand-mère me donnait au goûter!
Ceux sont ces petits souvenirs là, ceux qui n'ont l'air de rien les plus importants car il ne s'agit pas d'un événement spécial, mais de la vie simple de chaque jour, celle qui nous a mené jusqu'ici. Alors quand j'ai su que mon oncle était très malade, j'ai noté dans mon petit pense-bête de lui envoyer une carte postale, pour ne pas oublier. Hier, je suis allée dans une carterie pour lui trouver une jolie carte sympa que je lui ai posté ce matin avant d'aller à mon travail. Un peu trop tard peut-être.
Mon oncle est mort hier, dans la nuit.
17 mars 2008
Leyendas cuzcatlecas
Il y a quelques jours, j'ai eu la bonne surprise de recevoir un coup de téléphone de Carla, l'assistante avec qui je travaillais en lycée l'année dernière. Elle était à Paris pour un stage de deux semaines et m'annonçait sa visite prochaine! J'étais d'autant plus heureuse que je ne pensais jamais la revoir : elle habite en effet au Salvador, en Amérique centrale et ce n'est pas vraiment la porte à côté!! Elle passa comme prévu un dimanche et pendant les quelques heures que nous avons passé ensemble, nous avons discuté de tout et de rien sur son pays, sa culture, son mode de vie, tout comme nous avions l'habitude de le faire l'année passée. Chaque bavardage entre filles devenait avec elle une réflexion, un étonnement et parfois même un choc...
Nous parlions souvent des origines de son peuple, les Mayas. Carla se rendait compte de la richesse de sa culture à la différence de la plupart de ses contemporains du Salvador, même si elle reconnaissait volontiers ne jamais s'être déplacée pour aller visiter les ruines précolombiennes à quelques kilomètres au nord de la capitale!! Elle me racontait également des histoires étranges : les croyances populaires de son pays et j'adorais ça...
Puis elle est repartie... Depuis, j'exhibe régulièrement mes boucles d'oreilles en os et je me régale en lisant "las leyendas cuzcatlecas" : un recueil des légendes du Cuzcatlan (le nom maya du Salvador). Je me souvenais particulièrement de l'histoire de "la Llorona" qu'elle m'avait raconté : c'est un très mauvais présage de l'entendre appeler ses enfants en pleurant la nuit. Elle apparaît également sous le nom de "Cihuacoatl"...
" El sexto presagio fue la aparicion de Cihuacoatl, la mujer que se oia llorar por las noches diciendo : Hijitos mios! Adonde los llevaré? Tenemos que irnos lejos! " Malinche - Laura Esquivel
14 février 2008
Ma grand-mère en quelques images
Los tiempos pasan como las nubes...
La petite fille au violon
Loin de l'air iodé du Havre, au calme, chez sa nourrice
Dans le jardin, avec le cousin Jean et la fille de la nourrice
En beauté, chez le photographe
Mamie prend la pose pour son père en vue d'un tableau
Avec mon grand-père, fumando un pito
Pendant la construction du pont de Tancarville, à côté de "la mamma"
Photo d'art, une star de l'époque?
29 janvier 2008
A l'ouest, ça marmulle su'Bousse
Mon grand-père était un grand homme et si je dis ça, c'est parce que :
Il n'est plus (sinon j'aurai utilisé le présent et non pas un imparfait de m...)
Son deuxième prénom, c'était Gabriel. Si c'est pas un signe ça!
C'est vrai. Dans le tas, voici un exemple :
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, en bon Normand qu'il était, il n'a pas supporté que sa moitié de France à lui, soit occupée par les Allemands. Très jeune, il a donc rejoint les rangs de cette masse silencieuse d'héros anonymes : les p'tits gars de la Résistance. En soit, c'est déjà très honorable, mais ça va encore au-delà, bien au-delà même de ma petite conscience égoïsto-individualo-narcisso-nombrilistique de jeune femme du 21ème siècle, bien dans sa peau et dans son temps et qui, croyant connaître cette époque pour avoir lu mille ouvrages s'y consacrant, n'a en fait rien compris, rien de rien, ni du contexte, ni de l'esprit.
Je m'explique! J'ai longtemps rigolé des anecdotes de ma grand-mère qui racontait que pendant la guerre, elle utilisait la toile des parachutes pour en faire des chemises, sans vraiment comprendre que l'essentiel n'était pas là. Ce que je savais, c'est que mon grand-père était chargé de récupérer les parachutistes tombés dans la zone avant les Allemands et de les emmener se cacher dans les caves d'un château du coin dont j'ai oublié le nom. Ce que je n'avais pas saisis jusqu'à ce jour, c'est qu'il y allait même lorsqu'il était sûr que le parachutiste en question était mort au risque de se faire attraper par une patrouille allemande et cela, dans le seul but d'offrir au malheureux une sépulture digne de ce nom : une tombe. Il partait courir à travers champs dans la nuit pour offrir à un inconnu... une tombe.
Quelques mois avant sa mort, il reçu lors d'une cérémonie officielle des anciens combattants une médaille pour ce geste qui longtemps me laissa perplexe... Pour moi, mon gand-père c'est un vieil homme avec qui je jouais à la pétanque au fond du jardin et qui m'apprenait aussi bien des chansons cauchoises qu'à compter en allemand. Sa médaille je crois qu'en fait, il la portait depuis toujours, sur son coeur.
06 janvier 2008
Bienvenu
Gracieusement, tu es arrivé parmi nous
Au soir du premier vendredi de l'an nouveau.
Belle année qui commence! Magnifique cadeau!
Récidive des Rois Mages! C'est toi la belle étoile!
Intime découverte avec ta grande famille...
Et bien moi j'attendrai un peu plus pour te voir.
La douceur des baisers de maman te suffit.
05 novembre 2007
Pensées, citations, graffitis ?
Vaisseau enterprise, année terrestre 5125,
coefficient espace-temps 3042 degrés,
rapport du capitaine : Spock a les oreillons.
Problème : sachant que le silence est d'or et que le lingot est à 81.232 F - Calculer à l'once près le manque à gagner de Le Pen à chaque fois qu'il ouvre sa gueule.
Cadavres exquis
En cours de philo cette fois, avec deux copains :
- Un cadavre ornera le miroir en diarhée verte acide parce qu'il en a envie.
- Il faut brûler le bâteau rouge sur un lave-linge en marche.
- La bise de glace est tombée dans un après-midi bleu et bandant.
- J'ai un pénis immense mais sans résultat, ce n'est pas sûr.
- Où t'as garé ta chiotte? Dans une narine géante.














